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Comment créer une gamme haircare : le guide de développement pour créateurs de marque

Mis à jour 27 min de lectureTraduit par IA
Comment créer une gamme haircare : le guide de développement pour créateurs de marque

Une gamme haircare est un ensemble cohérent de produits capillaires (en général shampooing, après-shampooing, soin et coiffant) conçus pour fonctionner comme un système sur un type de cheveu ou une problématique précise, vendus sous une marque unique qui défend quelque chose de clair dans une catégorie encombrée.

La catégorie se juge au bac, pas en rayon. Une formule qui tient sur le papier mais se comporte mal à l’usage ne crée pas de réachat.

La plupart des contenus haircare en ligne sont écrits par des gens qui n’ont jamais travaillé de vrais cheveux sur de vraies têtes. Ils recopient des cadres génériques, changent les mots et publient. C’est pour cela que tant de premières marques capillaires lancent des produits superbes sur Instagram qui, à l’usage, ne tiennent pas leurs promesses.

J’ai commencé ma carrière comme coiffeur avant de passer au développement de produit cosmétique. 30 ans plus tard, j’ai accompagné des lancements de marques dans tout le secteur et je peux vous le dire : les marques qui gagnent en haircare sont celles qui se construisent en comprenant ce qui se passe réellement entre le produit et le cheveu.

Voici les décisions stratégiques derrière une gamme haircare, vues par quelqu’un qui s’est tenu derrière un fauteuil de salon et qui a conçu les produits posés sur son étagère.

Qu’est-ce qui fait qu’une gamme haircare fonctionne vraiment ?

Le haircare est une catégorie avec son propre comportement client, sa propre économie et ses propres règles sur ce qui construit une marque. Comprendre ces règles, c’est le point de départ de tout créateur de marque capillaire sérieux.

Quatre choses décident si une gamme haircare s’installe ou disparaît.

Les clients changent souvent de produit, et c’est à double tranchant.

Le client haircare type essaie un nouveau shampooing presque à chaque fois qu’il termine le sien. Il court après le volume un mois, la brillance le suivant, la maîtrise des frisottis celui d’après.

Cela rend la fidélité plus difficile à construire en haircare, mais cela rend aussi l’entrée plus facile. Une marque nouvelle peut prendre des parts de marché plus vite que dans la plupart des catégories cosmétiques, si le produit tient réellement ses promesses.

La crédibilité professionnelle fait bouger le haircare plus que la crédibilité marketing.

Une marque capillaire n’est souvent prise au sérieux par les consommateurs avertis qu’à partir du moment où des professionnels (coiffeurs, coloristes, propriétaires de salon) l’utilisent et la recommandent.

Une belle présence Instagram, à elle seule, ne fait pas bouger le haircare comme elle fait bouger d’autres catégories beauté. Un coiffeur derrière son fauteuil qui dit à sa cliente "voilà ce que j’utilise sur vos cheveux" reste la recommandation la plus puissante de la catégorie.

L’expérience au bac, c’est le produit.

Le haircare s’utilise dans un rituel physique très précis : cheveux mouillés, application, rinçage, essorage à la serviette.

La mousse, la glisse, le parfum, la sensation au rinçage, le comportement du cheveu une fois sec. Tout cela, c’est le produit.

Rien de tout cela n’apparaît sur une fiche technique. Le client juge un produit capillaire presque entièrement au ressenti, pas à la liste d’ingrédients au dos du flacon.

Le type de cheveu définit le client.

Le haircare se segmente d’abord par type de cheveu : bouclés, crépus, fins, épais, colorés, abîmés, raides.

Une cliente aux cheveux bouclés ne fait pas ses achats dans le même rayon qu’une cliente aux cheveux fins et raides.

Cette segmentation est profonde, durable, et elle commande toutes les autres décisions de la marque : produit hero, packaging, positionnement, canal, prix.

En haircare, le client sent le résultat au bac. Formulez pour le ressenti, pas seulement pour l’étiquette.

C’est l’état d’esprit qu’il faut avoir avant de regarder les catégories, les prix ou la distribution. Si le produit ne fonctionne pas au bac, rien d’autre ne compte.

La tendance skinification et ce qu’elle veut vraiment dire

Une tendance haircare mérite d’être comprise, parce qu’elle façonne la catégorie en ce moment même : la skinification.

La skinification consiste à appliquer les principes du soin de la peau au soin du cheveu, en visant la santé du cuir chevelu et du cheveu sur la durée plutôt que le résultat cosmétique immédiat. Elle fait entrer des ingrédients de skincare (acide hyaluronique, niacinamide, céramides, peptides) dans les formules capillaires, et elle traite le cuir chevelu comme une peau qui mérite sa propre routine.

C’est une vraie tendance de fond, pas une mode passagère. Des marques de grande distribution comme Neutrogena, OGX et Dove lancent des gammes positionnées skinification. La tendance pousse aussi le segment premium vers les produits pour cuir chevelu, les sérums et les routines en plusieurs étapes, jusqu’ici réservés à la skincare.

Pour un nouveau créateur de marque capillaire, la skinification compte parce qu’elle ouvre des créneaux précis : gammes de soin du cuir chevelu, produits positionnés sur la prévention, haircare porté par les ingrédients avec un niveau de preuve digne de la skincare.

Si votre marque peut apporter de façon crédible une approche de formulation de niveau skincare au haircare (vraies données de stabilité, actifs appuyés cliniquement, positionnement santé du cuir chevelu), c’est aujourd’hui l’un des créneaux les plus nets de la catégorie.

Comprenez simplement la différence entre s’appuyer sur la tendance skinification (un vrai angle de positionnement pour une marque nouvelle) et recopier des recettes génériques de skincare sur des produits capillaires (ce que fait la plupart des contenus haircare moyens). La première peut construire une marque. La seconde, non.

Les catégories haircare et où se trouvent les créneaux

Toutes les catégories haircare ne sont pas également ouvertes à une marque nouvelle.

Shampooing et après-shampooing. La plus grosse catégorie, la plus encombrée, mais aussi celle où les clients changent le plus.

Lancer un shampooing seul est difficile. Lancer un duo shampooing + après-shampooing qui tient au bac peut créer une vraie traction.

Soins et masques. Marge plus forte, volume plus faible.

Un soin reconstructeur de liaisons bien formulé, un masque nourrissant ou un soin du cuir chevelu peuvent ancrer une marque. Les clients acceptent de payer pour des soins qui produisent un changement visible.

Produits coiffants. Crèmes, mousses, sprays, gels, sérums.

C’est là que la vraie différenciation se joue. Coiffage des cheveux bouclés, protection thermique, volume, texture : des usages précis permettent à une marque d’occuper un coin du marché.

Soin du cuir chevelu. Un segment en croissance que beaucoup de marques ignorent. Les produits centrés sur le cuir chevelu peuvent construire une clientèle fidèle que le haircare classique n’atteint pas.

Soin de la couleur. Les clients qui colorent leurs cheveux paient volontiers un supplément pour des produits qui protègent réellement la couleur et soignent un cheveu chimiquement traité. Niche, mais rentable.

Gammes réservées aux professionnels (salon). Vendues en gros aux salons, qui les revendent au prix public. Un tout autre go-to-market, bâti sur la relation avec les coiffeurs plutôt que sur le marketing grand public.

Pour le détail de la façon dont le modèle private label s’applique spécifiquement aux professionnels du cheveu, voyez le guide du private label cosmétique pour coiffeurs.

Avec quels produits capillaires lancer ?

L’instinct pousse à lancer une gamme complète, à faire professionnel, à couvrir tous les besoins.

Lancer 8 produits, c’est diviser l’attention, le budget marketing et le stock sur 8 histoires au lieu de 1.

La plupart des premières marques capillaires qui lancent 8 produits n’en transforment aucun en quelque chose dont les clients se souviennent.

Meilleure approche : lancez avec une gamme cohérente minimale de 4 à 5 produits.

Le modèle de lancement à 4-5 produits en haircare

La routine capillaire de base est plus courte que la plupart des routines cosmétiques. Quatre produits, utilisés dans l’ordre au bac puis après, couvrent ce que la majorité des clients utilise vraiment au quotidien.

1 produit hero. En général un soin, un masque ou un coiffant remarquable. Pas un shampooing, sauf si ce shampooing est réellement différent de ce qui existe déjà.

Un duo shampooing + après-shampooing. Ces deux-là s’achètent presque toujours ensemble. Les lancer en paire est plus efficace que d’en lancer un seul.

1 ou 2 produits complémentaires. Une crème coiffante, un soin sans rinçage, un sérum pour le cuir chevelu ou un protecteur thermique. Des produits qui complètent le rituel que le hero a ouvert.

Le cadre de construction de gamme, résumé :

Rôle du produit Type Fonction Exemple
Hero Masque, soin, coiffant signature Définit la marque, porte le marketing Soin reconstructeur de liaisons, crème définition boucles
Lavage Shampooing Base de la routine Shampooing doux quotidien
Soin Après-shampooing Toujours acheté avec le shampooing Après-shampooing hydratant
Finition Produit coiffant, sans rinçage Complète le résultat au salon ou à la maison Soin sans rinçage, protecteur thermique

Quatre produits au lancement, c’est en général le bon équilibre. Cinq si le client en a réellement besoin (par exemple sur cheveux bouclés, qui demandent shampooing + après-shampooing + sans rinçage + coiffant + rafraîchissant).

Comment choisir le produit hero en haircare

Le hero, en haircare, c’est le produit qui fait dire à un professionnel "ça marche", pas "c’est sympa".

Ce mot compte. En haircare, le cheveu se comporte mieux après le produit, ou pas.

Il n’y a pas de "peut-être", pas de "je crois voir une différence".

Le cheveu est plus facile à démêler, plus brillant, moins gonflé, mieux défini, plus fort au toucher, ou il ne l’est pas.

Les pistes de produit hero, par positionnement de marque :

Pour une marque positionnée sur la réparation, le hero est en général un soin reconstructeur de liaisons ou un soin protéiné. Les clients viennent chez vous parce que leur cheveu est abîmé.

Le hero doit produire une réparation visible en 1 à 3 utilisations, pas en 3 mois.

Pour une marque positionnée sur les boucles, le hero est en général une crème de définition ou un soin sans rinçage qui gère le type de boucle précis que vous visez (3A, 3C et 4B ne demandent pas les mêmes formules).

Pour une marque positionnée sur le cuir chevelu, le hero est un soin ou un sérum qui répond à une problématique précise du cuir chevelu (excès de sébum, sensibilité, desquamation, affinement).

Pour une marque positionnée sur la couleur, le hero est un masque ou un soin protecteur de couleur qui prolonge visiblement la tenue.

Pour une marque professionnelle ou salon, le hero est souvent un produit coiffant à la texture ou à l’application particulière, que les professionnels ne trouvent pas facilement ailleurs.

Choisissez le hero à partir de ce que votre client ne trouve pas sur le marché. Puis construisez le shampooing, l’après-shampooing et les produits de soutien autour de la promesse du hero.

Pour aller plus loin sur la façon dont le choix de l’ingrédient hero pèse sur les décisions de développement, voyez le guide des ingrédients cosmétiques.

Fixer les prix d’une gamme haircare

Les prix du haircare sont serrés.

Les clients ont des repères plus solides que dans la plupart des catégories cosmétiques (ils ont acheté des dizaines de shampooings) et pardonnent moins facilement un produit qu’ils jugent trop cher.

Une architecture de prix milieu de gamme réaliste, pour une gamme haircare de 4 produits :

  • Soin ou masque hero : 28 à 35 EUR/USD
  • Shampooing : 18 à 22 euros
  • Après-shampooing : 20 à 25 euros
  • Coiffant ou sans rinçage : 22 à 28 euros

(Les exemples de prix de cet article sont des estimations indicatives, qui varient selon le fabricant, la région et l’ampleur du projet.)

Routine complète : 88 à 110 euros.

Pour les gammes réservées aux professionnels (salon), la logique de prix change. Vous vendez au salon à environ 50 à 55 pour cent du prix public, et le salon revend au prix public en gardant la marge. Votre revenu par unité est plus faible qu’en vente directe au consommateur, mais le volume par client (le salon) est plus élevé, parce que les salons repassent commande régulièrement, à la fois pour l’usage en cabine et pour la revente.

Deux pièges de prix reviennent chez les premières marques capillaires.

Le premier, c’est le prix de luxe sans les signaux du luxe.

Un shampooing à 55 euros ne fonctionne que si le packaging, l’histoire de marque, la distribution et le client relèvent tous du luxe.

La plupart des premières marques ne peuvent pas réunir les quatre.

Le second, c’est le prix de grande distribution avec des coûts de structure indie. Un shampooing à 12 euros peut sembler compétitif, mais sur de petits volumes de production la marge disparaît.

La marque a la structure de coûts d’un produit premium et le prix d’un produit de supermarché.

C’est la recette pour se retrouver à sec.

Alignez le prix sur le client, et le volume de production sur le prix. Vérifiez que le calcul tient avant de vous engager sur un niveau.

Professionnel, retail, ou les deux ?

C’est la décision la plus stratégique du lancement d’une marque capillaire, et celle que la plupart des fondateurs ratent.

L’instinct dit "les deux, à terme". Cela échoue presque toujours en pratique quand les fondateurs traitent "les deux" comme deux lancements parallèles dès le premier jour.

Le professionnel et le retail sont deux métiers différents : clients différents, cycles de vente différents, structures de prix différentes, approches marketing différentes.

Il existe trois vraies voies : le professionnel seul, le retail seul, et un modèle bicanal structuré qui sert les deux avec des règles claires. Choisissez celle qui correspond à votre parcours et à vos moyens.

La voie du professionnel seul

Vous vendez uniquement aux salons, aux coiffeurs et aux distributeurs professionnels. Le salon utilise le produit en prestation, le recommande à ses clients, et porte les formats de revente sur son étagère.

Comment marche l’économie du modèle.

Quand vous vendez à un salon, vous ne vendez pas au prix public. Vous vendez en gros, avec une marge qui permet au salon de revendre au prix public et de gagner sa propre marge.

Structure classique : vous vendez au salon à environ 50 à 55 pour cent du prix public. Le salon revend au prix public et garde le reste comme marge.

Votre marge par unité est donc plus faible que si vous vendiez en direct au consommateur, mais votre volume par client (le salon) peut être nettement plus élevé, parce qu’un salon actif commande régulièrement, à la fois pour l’usage en cabine et pour la revente.

Les avantages.

La recommandation d’un coiffeur est la caution la plus solide qu’une marque capillaire puisse obtenir. Un coiffeur qui dit à sa cliente "voilà ce que j’utilise sur vos cheveux" convertit mieux que n’importe quelle publicité payante.

Des réassorts réguliers une fois que le salon s’engage. Les professionnels repassent commande selon un rythme (mensuel, toutes les six semaines) que les clients particuliers ne suivent pas.

Une boucle de retour direct avec des professionnels qui testent vos formules sur des dizaines de vraies têtes chaque semaine.

Les inconvénients.

Une montée en puissance plus lente : vous grandissez salon par salon. Le cycle de vente est long (un salon peut mettre 3 à 6 mois à essayer, puis 3 de plus à décider).

Le marketing reste nécessaire, il est simplement différent. Vous vous adressez aux salons, pas aux consommateurs. Cela veut dire salons professionnels, programmes de formation pour coiffeurs, visites en salon, contenus professionnels. Ce budget se dépense différemment, et il n’est pas plus petit.

Les acheteurs professionnels vous comparent à des marques installées comme Kerastase, L’Oréal Professionnel, Redken et Davines, avec des décennies de formation, de support technique et de service aux salons derrière elles.

Vous ne pouvez pas copier leur go-to-market. Il vous faut un autre angle.

Pour qui ça marche. Pour les fondateurs qui ont de solides relations avec des salons, une histoire de formulation vraiment technique, et la patience d’une courbe de croissance plus lente. Un ancien coiffeur qui lance une marque a presque toujours intérêt à démarrer par le professionnel. Pour les détails de la construction d’un modèle de distribution centré sur le salon, voyez le guide de la distribution en salon.

La voie du retail seul

Vous vendez directement aux consommateurs, par votre propre site, par Amazon ou par des enseignes spécialisées. Les salons ne font pas partie du modèle.

Les avantages.

Une montée en puissance plus rapide si le marketing fonctionne. Une marge consommateur plus élevée que la vente en gros.

Un contrôle total sur la marque, les données clients et les prix. Plus facile de pivoter et d’itérer à partir des retours consommateurs.

Les inconvénients.

Un modèle lourd en marketing, et coûteux. Sans caution professionnelle, vous vous battez uniquement sur le contenu, la marque et l’acquisition payante.

La fidélité est plus faible sans un coiffeur qui dit "voilà ce que j’utilise sur vos cheveux".

Le haircare grand public est la catégorie la plus encombrée, et celle où la publicité en ligne coûte le plus cher.

Pour qui ça marche. Pour les fondateurs solides en contenu et en construction de marque, avec un capital marketing significatif (50 000 euros et plus pour un lancement crédible), et un angle consommateur précis (cheveux bouclés, haircare clean, haircare pour hommes) qui déclenche du bouche-à-oreille organique.

La voie bicanale

Certaines marques servent à la fois les salons et le grand public sous la même marque, dès le départ. C’est là qu’atterrissent la plupart des créateurs de marque capillaire expérimentés.

La règle clé : partez du côté professionnel, pas du retail.

Une gamme conçue d’abord pour les salons, puis ouverte au public, fonctionne. Faites l’inverse, le retail d’abord et les salons ensuite, et cela ne marche presque jamais. Les professionnels repèrent immédiatement un produit pensé pour Instagram et non pour leur fauteuil.

L’ordre de construction est donc le suivant :

  1. Concevez la gamme pour l’usage en salon d’abord, avec toutes les caractéristiques dont les professionnels ont besoin (performance, régularité, comportement à l’application, formulation de niveau professionnel).
  2. Là où cela a du sens, produisez deux formats : un grand format pour l’usage en salon, et un plus petit pour la revente du salon à sa cliente. Les shampooings et les après-shampooings en sont l’exemple le plus net. Les soins et les coiffants fonctionnent souvent en format unique.
  3. Vendez la gamme professionnelle aux salons, et laissez-les la revendre à leurs clients avec leur marge.
  4. En parallèle, vendez les formats de revente directement au public par votre site, Amazon ou une distribution spécialisée.

La discipline de prix qui maintient le modèle en vie.

C’est la règle que la plupart des fondateurs enfreignent, avant de se demander pourquoi les salons cessent de commander.

Si votre format de revente se vend 25 euros au salon, votre propre site ne peut pas vendre le même produit 15 euros. Vous détruirez la marge du salon, et le salon vous lâchera en moins de six mois.

La règle : le prix auquel vous vendez en ligne au public doit protéger la marge dont le salon a besoin. En pratique, cela veut dire vendre en ligne à un prix très proche de celui pratiqué par le salon, jamais avec une remise significative. Des exceptions maîtrisées (abonnements, coffrets) ne sont acceptables que si la marge du salon reste protégée.

Les salons sont vos partenaires dans ce modèle. Si le partenariat n’est pas rentable pour eux, le modèle s’écroule.

Les produits strictement professionnels : ne les vendez pas en ligne au public.

Certains produits d’une gamme capillaire sont strictement réservés à l’usage professionnel : décolorants, oxydants, révélateurs de coloration, soins techniques utilisés pendant les prestations en salon.

Ils ne devraient jamais être accessibles au public sur votre site grand public. Vous pouvez garder une page qui les décrit à titre d’information, mais l’achat lui-même doit être réservé aux comptes professionnels (connexion obligatoire, justificatifs de salon vérifiés).

Si vous vendez au grand public des produits techniques réservés à la cabine, deux choses se produisent : la valeur perçue de votre gamme professionnelle baisse aux yeux des salons, et les relations que vous avez construites avec eux commencent à s’éroder. Les salons attendent que le côté technique de votre marque reste de leur côté de la ligne.

Sur votre site, la structure bicanale devrait ressembler à ceci :

  • Espace public : formats de revente uniquement (shampooing, après-shampooing, soins, coiffants)
  • Espace professionnel (connexion obligatoire, justificatifs de salon vérifiés) : gamme professionnelle complète, y compris les produits techniques de cabine, les grands formats et les kits de démarrage

Les avantages.

Plusieurs sources de revenus : la vente en gros aux salons (marge plus faible, volume plus élevé) et le retail direct en ligne (marge plus élevée, volume par client plus faible).

Une crédibilité de marque renforcée par l’usage professionnel. Les consommateurs qui achètent en ligne savent que le produit est utilisé en salon, ce qui accélère la confiance.

Une meilleure résistance aux à-coups du marché. Si un canal ralentit, l’autre peut porter la marque.

Les inconvénients.

Une complexité opérationnelle plus forte : deux structures de prix, deux types de service client, deux jeux de formats à gérer.

Une discipline de prix difficile à tenir. Une seule mauvaise promotion en ligne peut abîmer des années de relations avec les salons.

Il faut une séparation claire et opérante entre l’espace professionnel et l’espace grand public du site.

La plus grosse erreur que je vois dans le modèle bicanal, c’est de casser les prix de ses partenaires salons en ligne. Vous le faites une fois, vous perdez la confiance de votre base professionnelle, et la reconstruire prend des années.

Pour voir comment le choix du canal pèse sur le packaging et le branding, voyez le guide du packaging et du branding cosmétique.

Comment rivaliser avec des marques installées comme Kerastase, Wella et Davines ?

C’est la question que les créateurs de marque capillaire me posent le plus souvent : comment rivaliser avec Kerastase, L’Oréal Professionnel, Redken, Davines, Schwarzkopf ?

La réponse : vous ne rivalisez pas. Pas frontalement.

Ces marques ont passé des décennies à bâtir de la formation professionnelle, des équipes de support technique, une distribution mondiale et des programmes de fidélité pour coiffeurs.

Une marque nouvelle ne peut pas les battre sur leur propre terrain.

Ce qu’une marque nouvelle peut faire, c’est trouver un coin que ces géants servent mal.

  • La spécialisation sur un type de cheveu précis. Une marque réellement meilleure que toutes les autres sur un type de cheveu (boucles 3C, cheveux fins asiatiques, cheveux défrisés chimiquement) peut s’approprier ce segment même face aux géants.
  • Une philosophie précise. Une gamme professionnelle entièrement clean, entièrement vegan, ou entièrement tournée biotech. Un positionnement de philosophie que les grandes marques ne peuvent pas égaler de façon crédible, parce qu’elles servent trop de segments à la fois.
  • Un type de coiffeur précis. Des marques bâties autour des coiffeurs indépendants, des coiffeurs en location de fauteuil ou des coiffeurs à domicile, qui se sentent mal servis par des programmes pensés pour les grandes chaînes de salons.
  • Un segment de prestation précis. Une marque entièrement construite autour de l’après-coloration, ou de la réparation après prestation chimique, ou des dommages liés à la décoloration.

Les géants ne peuvent pas courir après chaque niche. Trouvez-en une où vous pouvez être le choix le plus évident pour un client précis, et construisez là.

Ce que 30 ans derrière un fauteuil m’ont appris sur les produits capillaires

La plupart des contenus haircare sont écrits par des marketeurs qui n’ont jamais vu un produit échouer dans les mains d’une cliente.

Trois observations venues du fauteuil, qui changent ma façon de penser le développement de produit capillaire.

Les clientes mentent sur leur routine.

Une cliente raconte à son coiffeur qu’elle se lave les cheveux deux fois par semaine avec un shampooing sans sulfates et qu’elle utilise un sans-rinçage tous les jours. La réalité, la plupart du temps, c’est qu’elle se lave un jour sur deux, utilise ce qui traîne dans la douche, et saute le sans-rinçage les matins pressés.

Cela compte, parce que les marques qui formulent pour la routine "idéale" sortent des produits qui échouent dans la vraie. Un après-shampooing qui demande 5 minutes de temps de pose pour agir est laissé 30 secondes dans la vraie vie. Un sans-rinçage qui doit s’appliquer mèche par mèche est vaporisé d’un seul geste sur toute la tête.

Concevez pour ce que les gens font vraiment, pas pour ce qu’ils disent faire. Les produits qui agissent en 30 secondes construisent la fidélité. Ceux qui exigent de la discipline meurent après la troisième utilisation.

L’odeur vend le deuxième flacon, la performance vend le troisième.

Le premier flacon s’achète pour le packaging, la marque ou la recommandation. Le deuxième, parce que la cliente se souvient de l’odeur et de l’expérience au bac. Et le troisième, seulement si le cheveu va réellement mieux après un mois de gamme.

La plupart des marques sur-investissent dans la vente du premier flacon (packaging, marketing, lancement) et sous-investissent dans ce qui transforme un premier acheteur en client fidèle (la performance dans la durée). Une marque capillaire se construit sur le troisième flacon, pas sur le premier.

La même formule se comporte différemment selon le type de cheveu.

Un shampooing parfait sur des cheveux raides européens peut décaper des cheveux afro, graisser des cheveux asiatiques ou alourdir des cheveux fins. Les marques qui testent leurs produits sur un seul type de cheveu et les lancent pour tout le monde sortent des produits qui fonctionnent pour une fraction de leur clientèle potentielle.

Si votre marque sert un type de cheveu précis, formulez et testez spécifiquement pour ce type. Si votre marque prétend servir tous les types de cheveu, il vous faut un panel de test qui les inclut tous réellement, avant le lancement et pas après.

Les erreurs classiques d’une première marque haircare

Sur les lancements de marques que j’ai accompagnés, et avec la mémoire d’un coiffeur sur ce qui marche vraiment sur de vraies clientes, voici les erreurs que je vois le plus souvent.

Erreur 1 : concevoir le produit en partant du feed Instagram

Le fondateur choisit un flacon qui rend bien sur Instagram, choisit une palette de couleurs qui ressort en photo à plat, puis conçoit la formule pour aller avec l’esthétique.

C’est à l’envers. Le haircare se juge au bac, sous la douche, au brushing.

Un beau flacon avec une formule moyenne ne crée pas de réachat.

Correctif : concevez d’abord la formule pour qu’elle tienne au bac. Dessinez le flacon autour de la meilleure formule que votre budget permet, pas l’inverse.

Erreur 2 : recopier des formules professionnelles et les vendre en retail

Un fondateur se procure une formule "de qualité professionnelle" chez un fabricant private label, la met dans un flacon grand public, et la vend comme une marque capillaire de qualité salon pour la maison.

Le problème, c’est que la plupart des formules de catalogue dites "de qualité professionnelle" sont des formules grand public moyennes avec une histoire marketing plus musclée.

Les vraies marques professionnelles formulent spécifiquement pour l’usage professionnel (concentration plus élevée, rhéologie différente, comportement à l’application spécifique).

Emprunter le mot "professionnel" sans offrir la performance professionnelle, c’est un problème de crédibilité qui finira par vous rattraper.

Correctif : si la marque revendique une qualité professionnelle, la formule doit être à la hauteur d’un usage professionnel. Faites-la tester par des coiffeurs avant le lancement. S’ils la trouvent moyenne, elle est moyenne.

Erreur 3 : négliger le parfum

En haircare, le parfum est central. Les clients choisissent leur shampooing en grande partie sur l’odeur. Une formule peut être techniquement excellente et échouer sur le marché parce que le parfum est raté ou trop discret.

Sous-estimer le budget parfum est l’un des moyens les plus rapides de tuer un lancement capillaire.

Un bon parfum peut représenter 15 à 30 pour cent du coût de la formule.

Rogner sur le budget parfum pour économiser produit un objet que personne n’a envie d’utiliser deux fois.

Correctif : investissez dans le parfum. Travaillez avec une maison de parfum qui connaît le capillaire. Testez le parfum dans le flacon, sur cheveu humide et sur cheveu sec (il sent différemment dans les trois états).

Erreur 4 : lancer une gamme professionnelle ou bicanale sans validation par les coiffeurs

Si votre marque vend aux salons (voie professionnelle ou bicanale), c’est à la validation par des coiffeurs, avant le lancement, que se joue toute la crédibilité.

Le fondateur teste le produit sur lui-même, sur sa famille, sur quelques amis. Aucun d’eux n’est coiffeur. Tous disent que c’est très bien.

Puis le premier vrai retour d’un professionnel dit "ça ne tient pas ses promesses". La marque ne retrouve jamais sa crédibilité sur le marché professionnel.

Pour un lancement retail seul, la validation par des coiffeurs reste utile mais n’est pas obligatoire. Vous pouvez construire une marque capillaire retail validée d’abord par votre consommateur cible, tant que la formule est réellement performante.

Pour un lancement professionnel ou bicanal, la validation par des coiffeurs est obligatoire avant le lancement.

Correctif : si vous comptez vendre aux salons sous une forme ou une autre, faites utiliser le produit par au moins 5 coiffeurs indépendants, sur de vraies clientes, sur différents types de cheveu, pendant au moins 3 semaines. Une chose à régler avant de remettre quoi que ce soit : dans l’Union, confier un produit à un salon qui va l’utiliser sur des clientes payantes est une mise à disposition sur le marché, même à titre gratuit. Les unités que vous remettez ne sont donc pas des unités de test au sens juridique : elles ont déjà besoin d’une personne responsable désignée, d’une évaluation de la sécurité achevée et d’une notification au CPNP derrière elles. Écoutez les retours. Si les coiffeurs disent que la formule doit être retravaillée, reformulez avant de passer le lancement à l’échelle, pas après, et traitez la version reformulée comme un produit nouveau : évaluation de la sécurité actualisée, notification actualisée. Pour voir comment le choix du fabricant soutient les itérations de reformulation, voyez le guide de sélection d’un fabricant de cosmétiques.

Erreur 5 : un format de packaging inadapté à l’usage

Une crème épaisse dans un flacon à l’ouverture minuscule, un spray dans un flacon qui fuit, un soin dans un pot qui devient impraticable sous la douche.

Le produit peut être bon, mais le packaging tue l’expérience.

Le haircare s’utilise de façons précises : au bac, sous la douche, au brushing. Le packaging doit fonctionner dans ces conditions.

Si vous vendez aux salons, certains produits doivent exister en deux formats : un grand format professionnel pour l’usage en salon (en général de 500 ml à 1 litre pour les shampooings et après-shampooings), et un format de revente plus petit pour les clientes qui achètent pour la maison (250 ml). Pousser un shampooing de 250 ml comme produit de salon fait perdre du temps au coiffeur et signale que vous ne comprenez pas comment un salon fonctionne.

Correctif : alignez le format de packaging sur le contexte d’usage. Les produits de douche demandent des bouchons clapet qui s’ouvrent avec les mains mouillées. Les coiffants demandent des contenants qui se manipulent avec les mains pleines de produit, et les soins un applicateur qui permet une pose propre. Pour les gammes professionnelles, prévoyez le format salon dès le départ, pas après coup. Testez le packaging dans son environnement réel avant de commander des volumes de production.

Ce qu’il faut retenir

Une gamme haircare qui fonctionne se construit à partir du bac.

Vous partez du type de cheveu et du ressenti que vous voulez obtenir. Vous choisissez un hero qui résout un vrai problème que de vrais professionnels reconnaissent.

Vous construisez la routine de soutien autour du hero. Vous choisissez votre modèle de canal (professionnel seul, retail seul ou bicanal structuré) et vous vous y tenez.

Vous validez avec des coiffeurs si votre gamme touche les salons d’une façon ou d’une autre.

Les marques capillaires qui échouent sont celles construites pour être belles sur Instagram. Celles qui réussissent sont construites pour être bonnes au bac.

Réussissez le produit au bac, réussissez la décision de canal, et le reste de l’histoire de marque pourra se construire sur un produit qui fonctionne vraiment.

Ratez l’un ou l’autre, et aucun packaging ni aucun contenu ne réparera une gamme capillaire qui ne tient pas ses promesses.

Questions fréquentes

Combien coûte le lancement d’une gamme haircare ?

Pour un lancement de 4 SKU en formulation hybride, prévoyez 38 000 à 93 000 euros au total. Cela couvre la formulation et les tests (10 000 à 25 000 euros), le packaging (6 000 à 18 000 euros), le développement du parfum (3 000 à 8 000 euros), la première production (6 000 à 12 000 euros), la conformité (3 000 à 5 000 euros) et le marketing de lancement (10 000 à 25 000 euros). Ce total porte le marketing de lancement en lui, et c’est pour cela qu’il dépasse de loin les budgets produit seuls cités dans le guide du débutant. Un lancement en professionnel seul a des coûts marketing différents (salons professionnels, formation des coiffeurs, visites en salon au lieu de publicité grand public) mais un budget total comparable. Le stock de départ d’un lancement professionnel doit aussi couvrir les kits de démarrage pour les salons et les formats de cabine.

Combien de temps faut-il pour créer une gamme haircare ?

Prévoyez 5 à 12 mois du concept aux produits en entrepôt, selon le parcours. Le white label (formule de catalogue avec votre étiquette) peut sortir plus vite, autour de 2 à 3 mois au niveau du projet complet. L’approche hybride (formule existante personnalisée) prend en général 5 à 8 mois. La formulation sur mesure intégrale demande 6 à 12 mois, le capillaire se situant plutôt en haut de cette fourchette. Le haircare tire vers le long parce que le développement du parfum ajoute 1 à 2 mois, que les itérations de test au bac demandent souvent 2 à 3 tours d’échantillonnage, et que les tests de stabilité sur base tensioactive sont complexes, la formule interagissant avec les matériaux de packaging de façon particulière.

Faut-il un diplôme de coiffure ou de cosmétologie pour lancer une marque capillaire ?

Non, mais cela aide plus en haircare que dans presque toutes les autres catégories cosmétiques. Si vous n’avez pas ce parcours, compensez en constituant un groupe de coiffeurs conseils solide avant et pendant le développement. Intégrez au moins 2 à 3 coiffeurs en activité à votre processus d’échantillonnage et de validation. Leurs retours attraperont des problèmes que vous ne découvririez sinon qu’après le lancement.

Quelle différence entre une formule capillaire professionnelle et une formule retail ?

Les formules professionnelles sont pensées pour la façon dont les coiffeurs les utilisent : volumes plus importants par application, consistance adaptée aux outils de brushing, rhéologie adaptée au mélange avec la couleur, concentrations d’actifs adaptées aux prestations en salon. Les formules retail sont pensées pour l’usage à la maison : quantités plus faibles, packaging conçu pour des mains mouillées sous la douche, mode d’emploi plus simple. Une formule optimisée pour l’un est rarement idéale pour l’autre.

Peut-on vendre le même produit sur le canal professionnel et sur le canal retail ?

Vous pouvez vendre un produit similaire sur les deux canaux, mais en général pas exactement le même. La plupart des marques présentes sur les deux proposent une version "professionnelle" (flacon plus grand, concentration plus forte, application pensée pour le salon) et une version "retail" (flacon plus petit, positionnement usage maison, packaging grand public). Vendre le même SKU sur les deux canaux a tendance à agacer les professionnels, qui attendent quelque chose de distinct de ce que leurs clientes peuvent acheter directement.

Quels produits capillaires ont la meilleure marge ?

Les soins, les masques et les sans-rinçage ont les meilleures marges à l’unité (coefficient de 4-5x). Les shampooings et après-shampooings ont des marges plus faibles (3 à 3,5x), parce que la concurrence par les prix est rude et que les clients ont des repères de prix solides. Les coiffants ont des marges variables selon le format : crèmes et sérums sont plus rentables, les aérosols le sont moins, à cause du coût du packaging et de la charge de tests réglementaires.

Comment construire des relations avec les salons quand on est une marque nouvelle ?

Commencez petit et local. Repérez 10 à 20 salons dans un rayon de 2 heures dont l’esthétique, la clientèle et les valeurs correspondent vraiment à votre marque. Rendez-leur visite en personne, laissez des échantillons, relancez, proposez de la formation. N’envoyez pas un mailing à froid à 500 salons en espérant que 10 répondent. Le canal salon récompense les relations construites avec un intérêt sincère pour le travail du coiffeur, pas le démarchage de masse.

L’IA a transcréé cette page à partir de l’original anglais, et vérifié les termes réglementaires sur la version officielle du règlement en français. Lire l’original anglais

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